texte et dessins Franck Charlet
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20121010
20120922
20120809
20120808
20120806
20120707
mariposa
there is no need
for debt or debate when one does not mean anything to anybody
the important
point is not to break the chain to be
polite – to say yes & thank you
to be
accommodating to supplement even
supplant desires – to persist – consomenations
irritated whites
drinking Negrons
ah butterfly the
nemesis is you - short life spans
colliding
perhaps all life changing as you
change
encounter & encompass grief – hear
the flutter of 100,000
the sonic tracks of a
silent film
the debt converted to
smoke
windows clouded over
city spitting clouds
that wedge
between the
arches
of
her
high heeled
shoes
i said i’m no longer afraid to look
shuttered windows –
der wekstahlvez
paper
blowing across an empty street
debt or depth or death
which is it
– all fool’s gold
no
matter what the substance
all duped no matter what the price..
werder da cat’s on
its quiet pursuit
the unrest of pigeons
as the prison gates open & you
are released like a steam engine
into the street –
released from your oustem –
& we walk like comrades & i pour the
morning’s waste out of a bucket
as the crowd increases from
single file to tenfold
rows up &
down pathways / cobbles cabals cables
stairways & staring soldiers marching
the organ grinder playing
the draw bridge near collapse
ah mariposa
the factory awaits its
occupants – what is the debt they owe
we owe? - heya-ah heya-ah heya-ah
a pipe – a
moustache – the gears beginning to spin
in a world of mass production
where things are produced for the
masses
though some are only for the
privileged few
finely shaved
& polished shards of steel
infinite bottles
filled & loaves fresh baked
fires
stoked
chimneys pushcarts /
loaded
cars
washed - garbage disposed of
(yet always more
garbage) – days always beginning
children off to school if the
season’s right
weggelerollerda window gates up schlachterha - mer
curtains up
blinds up – mannequins – horses – up –
pillows aired – blinders on
rugs beaten –
butter flies remembering what they were then forgetting
just as quickly –
shoes shined – nails polished
a beautiful walk
thru the park at night
the band playing –
the globe changing (color)
junkies all
quietly tucked away somewhere
dancers as
graceful as flowers
crack one legged
crutch man
no stories about
war or war stories
just elevator
rides and roll-top desks
typewriters
telephones & the printing press
operator operator
i am coming to the end of a tunnel
the light is
beginning to spread
the evacuation of
the dirt that is my heart is in full swing
at all other times
i will dial 311
the barber smiles
the sound of
lighting a cigarette on a singing man’s knee
like achtspracht
breathing
no debt no debate – grief for the moment everlasting
fly away mariposa
– away your colorful wings
the naked children
are here only to exploit you
to explore you
to touch your fascinating
wings -
it was even
shorter than anticipated – a quick beautiful twin burst
too short & me preoccupied with 3
different lives
& she flew torn &
traumatized she flew
but cacophony
calculation dark spectrum debt ceiling & me indebted to few men
heart strumming – cycles – disposing
of the evenings waste
one stage is flying great distances to approach the indecipherable
travelling lord i’m
travelling tryin to make heaven my home
rocks – next – i can’t begin to tell you how
it looks from where i sit
lamp trim &
burning
end time dream
time
indecipherable redness that
reflects an obvious exit
desperation on
every corner
i can’t begin to tell you
mariposa –even from here
in this parking lot there is a history of
butterflies
guns money jelly
rolls
just as there is a history of lost
pages – gaps in memory
always lost here in this
same cocoon
there is for me @ any rate
the mystery of a smile & why
it occurs or when
in all these photographs i
look so pensive
angry, disturbed but
rarely smiling – all bare knuckled
& @ the end i must
shed my cocoon
in a tunnel without end
where depth & ceiling are one
as they press in
upon me-
nemesis – is me oh
butterfly – coal dust - the price i put on things
&
i can’t begin to tell you where it all began
but look there & there & there
& there
& you’ll begin to see the
end.
Steve Dalachinsky nyc
Le temps des mouches
A la nuit sombre et enveloppante,
avec la touffeur de baishâkha*
qui s'était refermée sur lui,
succéda, par un soupirail unique,
une vaporeuse clarté...
Mohan fit un pauvre inventaire
à la première et vague lueur
d'un premier jour vaguant
dans les entrailles de la solitude :
un lit de planches vermoulues
et son miteux confort,
une cruche d'eau trouble
et deux semblables seaux,
l'un tenant lieu d'écuelle
et l'autre, inversement, de lieux !...
Nuits sans lune et jours sans soleil
fluèrent bientôt de la plaie
sinueuse et crevassée
d'une indistincte éternité,
fissure indélébile
inscrite dans cette seconde
et effusive peau de dix pieds sur six
plus étroite que la première...
Après un temps indéterminé
dont la fuite cruelle
avait éteint tout feu dans son cœur,
Mohan, un matin sans promesse,
enfonça, dans le bois tendre d'un pied
apparent du lit,
l'ongle dur de son pouce.
Il lui fallait, en cet instant,
faire seulement quelque chose,
un geste qui put l'aider
à surmonter son inertie !...
Ainsi commença-t-il
à marquer les jours d'une entaille,
inverse pendant
de la plaie temporelle...
et puis, aiguillonné par ce trait
qui réveilla sa pensée
du néant pitoyable
où elle avait sombré,
pour relancer sa vigilance,
il releva de nouveau
les choses qui l'entouraient :
un lit, une couverture trouée,
une cruche et deux seaux...
Sa liste était-elle close ?...
Il explora encore les recoins
les plus sombres de sa cellule...
Il savait qu'il existait,
selon la tradition du Sâmkhia,
des méthodes pour compiler le monde.
Oui, mais voilà ! il avait négligé
ses racines pour être de son siècle !
Il n'avait pas lu Vâchaspati ou Kapila,
mais Marx et Tolstoï !...
C'est au cours de ce deuxième inventaire,
alors qu'il marquait une station prolongée
devant le soupirail étroit,
qu'il découvrit les mouches insensées,
les mouches disséminées
comme des petits points noirs,
joyeux et fous dans le faux jour ;
lorsque, sur cette toile vaporeuse,
elles cessèrent enfin d'être
une volatile abstraction,
dans son regard la proie
d'une folle araignée,
Mohan comprit qu'il n'était pas seul.
Il n'était plus seul dans sa prison.
Les mouches inaperçues,
ses commensales enjouées,
l'avaient accompagné
pendant ce temps de solitude
intarissable et stérile...
Il passa plusieurs jours,
plusieurs encoches d'affilée
à les regarder jouer,
s'égailler dans l'ombre dense
et resurgir dans la pénombre !
Elles dansaient, virevoltant,
chacune selon un vol inégal,
tandis que l'essaim, dans son ensemble,
offrait une sensation
de joyeuse harmonie.
Leur hôte crut d'abord
qu'elles réunissaient
quelque ardeur tourbillonnante
et un don d'acrobate exceptionnel.
Plus d'une semaine s'écoula...
Dix encoches se suivaient,
quand il s'aperçut soudain
que les mouches obstinées
vivaient dans un temps parallèle,
un temps différent du sien...
Vivement, mais sans violence,
il avait essayé en vain
d'en attraper une, vivante...
A peine sa puissante main
commençait-elle à fendre l'air
que la bayadère ailée
s'envolait vers un ciel plus tranquille !...
Aérienne, elle avait eu le temps
de se lustrer les ailes ou encore,
éléphantine, le loisir
d'aspirer avec sa trompe
un mets microscopique
avant de rentrer, précipitamment,
dans la ronde nuageuse.
Une seconde, telle que Mohan
en vit jaillir l'étincelle
à travers ce geste prompt,
équivalait pour une mouche
à une longue minute (...)
Au quarante-deuxième jour,
- la quarante-deuxième encoche
empreinte de sa pointe, -
un homme agité
visita le prisonnier
qui cessa tout à coup de s'ébattre
et s'assit sur son lit.
La voix nerveuse de l'homme
inquiéta Mohan
comme elle couvrit aussitôt
le bourdonnement allègre
auquel son cœur s'était uni
pour éclore dans l'ombre
avec l'aube ébruitée.
L'homme répéta ces mots
échappés d'un autre monde :
"inspection" et "grève de la faim".
Devant le silence de sa proie
qu'il prit comme une réticence,
un repli ombrageux,
l'homme leva la main...
Soudain l'aile membraneuse de l'air
se figea, tout geste
apparut dans l'espace stationnaire...;
ou, plus exactement,
les mouvements de l'homme, alanguis,
se déroulèrent dans un ralenti extrême...
Incessante pluie d'orage,
assourdissantes, ses vociférations
se transformèrent en une fine vibration
presque harmonieuse.
Une main, telle une étoile
aux branches atrophiées,
déclinait lentement...
Mohan venait d'entrer
dans le temps des mouches...

(d'après un conte de Claude Mathieu)
* Premier mois du calendrier luni-solaire bengali correspondant à avril-mai... C'est au début du mois de mai 1907 que furent arrêtés à Calcutta, dans le cadre de "l'Affaire de la bombe d'Alipore", une trentaine de suspects, dont Aurobindo, alors chef de file de l'aile dure du Svadeshî (mouvement nationaliste de non-coopération avec le gouvernement britannique qui prit naissance au Bengale en 1905)... et Mohan !
Olivier Gandiva
dessins Guido Hübner
dessins Guido Hübner
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