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20191013

Combat du doute et de l'esprit






texte Patrice Cazelles,
images Guido Hübner

20191008

J'ai commencé un monologue









texte Hervé Dauphin,
 images Guido Hübner

20150617

Evin

« L'universification » est une écriture transparente, dont les poèmes, construits en trois parties, comprennent d’abord des assemblages inattendus de mots de tous les idiomes. Dans une deuxième partie, en position symétrique, ces mots sont traduits en français. La troisième partie énonce, dans le même ordre, les langues de provenance." 








texte "universification" Svante Svahnström,
extrait de languier, ed. librairie Galerie Racine, 2003
illustrations Guido Hübner

LAYL


« L'universification » est une écriture transparente, dont les poèmes, construits en trois parties, comprennent d’abord des assemblages inattendus de mots de tous les idiomes. Dans une deuxième partie, en position symétrique, ces mots sont traduits en français. La troisième partie énonce, dans le même ordre, les langues de provenance."







texte "universification" Svante Svahnström,
extrait de languier, ed. librairie Galerie Racine, 2003
illustrations Guido Hübner

UNE NEUVIEME DECHIFFREE

« L'universification » est une écriture transparente, dont les poèmes, construits en trois parties, comprennent d’abord des assemblages inattendus de mots de tous les idiomes. Dans une deuxième partie, en position symétrique, ces mots sont traduits en français. La troisième partie énonce, dans le même ordre, les langues de provenance." 






texte "universification" Svante Svahnström,
illustrations Guido Hübner

De Marseille


«  L'universification » est une écriture transparente, dont les poèmes,  construits en trois parties, comprennent d’abord des assemblages  inattendus de mots de tous les idiomes. Dans une deuxième partie,  en  position symétrique, ces mots sont traduits en français.  La troisième  partie énonce, dans le même ordre, les langues de provenance." 

















texte "universification" Svante Svahnström,
illustrations Guido Hübner

SA-DIS-TA

« L'universification » est une écriture transparente, dont les poèmes, construits en trois parties, comprennent d’abord des assemblages inattendus de mots de tous les idiomes. Dans une deuxième partie, en position symétrique, ces mots sont traduits en français. La troisième partie énonce, dans le même ordre, les langues de provenance." 







texte "universification" Svante Svahnström,
illustrations Guido Hübner

20141103

La danse des 4 cous








texte Fabrice Charbit,
 illustration Guido Hübner

20131026

Du zénith au nadir pour faire bref




texte Pierre Stone,
illustrations Guido Hübner

20130925

L'amour la mort







texte Philippe Pommier,
illustrations Guido Hübner

20130525

Fanal









texte Olivier Gandiva,
illustration Guido Hübner

20130103

Ne nous laissons pas...





texte Bruno Jouhet,
illustration Guido Hübner

20121011

à cerveau




texte Fabrice Charbit
illustration Guido Hübner

20120808

Monologue








texte Yves Tenret
dessin Guido Hübner

20120707

Le temps des mouches



A la nuit sombre et enveloppante,
avec la touffeur de baishâkha*
qui s'était refermée sur lui,
succéda, par un soupirail unique,
une vaporeuse clarté...
Mohan fit un pauvre inventaire
à la première et vague lueur
d'un premier jour vaguant
dans les entrailles de la solitude :
un lit de planches vermoulues
et son miteux confort,
une cruche d'eau trouble
et deux semblables seaux,
l'un tenant lieu d'écuelle
et l'autre, inversement, de lieux !...
Nuits sans lune et jours sans soleil
fluèrent bientôt de la plaie
sinueuse et crevassée
d'une indistincte éternité,
fissure indélébile
inscrite dans cette seconde
et effusive peau de dix pieds sur six
plus étroite que la première...
Après un temps indéterminé
dont la fuite cruelle
avait éteint tout feu dans son cœur,
Mohan, un matin sans promesse,
enfonça, dans le bois tendre d'un pied
apparent du lit,
l'ongle dur de son pouce.
Il lui fallait, en cet instant,
faire seulement quelque chose,
un geste qui put l'aider
à surmonter son inertie !...
Ainsi commença-t-il
à marquer les jours d'une entaille,
inverse pendant
de la plaie temporelle...
et puis, aiguillonné par ce trait
qui réveilla sa pensée
du néant pitoyable
où elle avait sombré,
pour relancer sa vigilance,
il releva de nouveau
les choses qui l'entouraient :
un lit, une couverture trouée,
une cruche et deux seaux...
Sa liste était-elle close ?...
Il explora encore les recoins
les plus sombres de sa cellule...
Il savait qu'il existait,
selon la tradition du Sâmkhia,
des méthodes pour compiler le monde.
Oui, mais voilà ! il avait négligé
ses racines pour être de son siècle !
Il n'avait pas lu Vâchaspati ou Kapila,
mais Marx et Tolstoï !...
C'est au cours de ce deuxième inventaire,
alors qu'il marquait une station prolongée
devant le soupirail étroit,
qu'il découvrit les mouches insensées,
les mouches disséminées
comme des petits points noirs,
joyeux et fous dans le faux jour ;
lorsque, sur cette toile vaporeuse,
elles cessèrent enfin d'être
une volatile abstraction,
dans son regard la proie
d'une folle araignée,
Mohan comprit qu'il n'était pas seul.
Il n'était plus seul dans sa prison.
Les mouches inaperçues,
ses commensales enjouées,
l'avaient accompagné
pendant ce temps de solitude
intarissable et stérile...
Il passa plusieurs jours,
plusieurs encoches d'affilée
à les regarder jouer,
s'égailler dans l'ombre dense
et resurgir dans la pénombre !
Elles dansaient, virevoltant,
chacune selon un vol inégal,
tandis que l'essaim, dans son ensemble,
offrait une sensation
de joyeuse harmonie.
Leur hôte crut d'abord
qu'elles réunissaient
quelque ardeur tourbillonnante
et un don d'acrobate exceptionnel.
Plus d'une semaine s'écoula...
Dix encoches se suivaient,
quand il s'aperçut soudain
que les mouches obstinées
vivaient dans un temps parallèle,
un temps différent du sien...
Vivement, mais sans violence,
il avait essayé en vain
d'en attraper une, vivante...
A peine sa puissante main
commençait-elle à fendre l'air
que la bayadère ailée
s'envolait vers un ciel plus tranquille !...
Aérienne, elle avait eu le temps
de se lustrer les ailes ou encore,
éléphantine, le loisir
d'aspirer avec sa trompe
un mets microscopique
avant de rentrer, précipitamment,
dans la ronde nuageuse.
Une seconde, telle que Mohan
en vit jaillir l'étincelle
à travers ce geste prompt,
équivalait pour une mouche
à une longue minute (...)
Au quarante-deuxième jour,
- la quarante-deuxième encoche
empreinte de sa pointe, -
un homme agité
visita le prisonnier
qui cessa tout à coup de s'ébattre
et s'assit sur son lit.
La voix nerveuse de l'homme
inquiéta Mohan
comme elle couvrit aussitôt
le bourdonnement allègre
auquel son cœur s'était uni
pour éclore dans l'ombre
avec l'aube ébruitée.
L'homme répéta ces mots
échappés d'un autre monde :
"inspection" et "grève de la faim".
Devant le silence de sa proie
qu'il prit comme une réticence,
un repli ombrageux,
l'homme leva la main...
Soudain l'aile membraneuse de l'air
se figea, tout geste
apparut dans l'espace stationnaire...;
ou, plus exactement,
les mouvements de l'homme, alanguis,
se déroulèrent dans un ralenti extrême...
Incessante pluie d'orage,
assourdissantes, ses vociférations
se transformèrent en une fine vibration
presque harmonieuse.
Une main, telle une étoile
aux branches atrophiées,
déclinait lentement...
Mohan venait d'entrer
dans le temps des mouches...










(d'après un conte de Claude Mathieu)
* Premier mois du calendrier luni-solaire bengali correspondant à avril-mai... C'est au début du mois de mai 1907 que furent arrêtés à Calcutta, dans le cadre de "l'Affaire de la bombe d'Alipore", une trentaine de suspects, dont Aurobindo, alors chef de file de l'aile dure du Svadeshî (mouvement nationaliste de non-coopération avec le gouvernement britannique qui prit naissance au Bengale en 1905)... et Mohan !

  Olivier Gandiva
dessins Guido Hübner

20111221

Medium



Il n’est pas illogique de supposer que, dans une existence future, nous puissions considérer cette vie terrestre comme un songe. E. A. Poe

Les grands mots nous rendent malheureux, ok, mais si tu savais comme je t’aime ! C’est pas dur, quand on m’a proposé cette séance de spiritisme, je me suis dit : - Merde ! Encore ma mère ! Car je viens justement de sortir un livre intitulé « Maman», petite chose furieuse et barbare, expression de mes nerfs malades. Puis pendant que je dormais, tu m’es apparu et tu m’as dit : Va vers l’avenir ! Ta mère, c’est le passé. De la réalité au rêve – que jaillissent les images ! Inconduite et contrition sont des métaphores sataniques. L’âme est tout ce qui existe. Continuer à parler à son cadavre ne peut plus te mener nulle part ! Merde à la mort ! Vive la vie ! Cause avec Jim, il est ton futur. Respect man ! J’en chialais. Tu sais que j’ai craché deux mômes ? Non ? Comment je les ai appelé ? Ulysse et Anna Livia. Ça te plaît ça hein ? Sacré fripouille ! Tu te souviens de toutes ces années où je ne parlais qu’avec toi ? Cris amoncelés d’accablantes misères mêlés à nos arts des rires en murmures ! Tu t’en souviens ? Et tout ce que tu m’as fait lire : Isaac Luria, Miguel de Molinos, Joachim Abbas... Entre dans ton œuvre comme on entre dans les ordres m’ordonnais-tu, répudie toutes attaches mondaines ! Refuse la guerre des autres ! Ne sers pas ! Reste hors de l'existence, cure-toi les ongles… Mène seul ta quête. Oscille perpétuellement entre permanence de l’être et mobilité de l’univers, alpha et oméga, douceurs du péché et morsure de l’en-soi. Transforme le pain de la vie quotidienne en art !
Ô toi mon Saint Patron, à coup de parodies, je vais te ziziter ! Tous les vices, mauvais goût surtout ; Sainterelle, légère – perpétuel maudit, banni, scandaleux, prenant ton bain de soleil sur le Libido avec 4 fillettes insectueuses – Oui, oui, Milord, cette vieille fille, cette si malicieuse université, en pince toujours autant pour toi, et dans ton pays, les autres gueulards rougeauds ont crée un Bloom’s day ! Tristesse posthume, farce des morts-vivants, ronde des braves disparus, apocalypse selon Ginette…
Te revoir ! Quel plaisir ! Tu n’as pas tellement changé mon Giacomo. Tu faisais déjà tellement ectoplasme de ton vivant… Ça a l’air plutôt calme ici. Ça va ? Comment ça tu n'as pas le droit de me répondre ? C'est tabou ? Monsieur Dieu ne rigole pas ! Et moi qui croyais qu’au paradis (Un rond dans l’eau qui va toujours s’élargissant jusqu’à se perdre dans le néant, un tourbillon, une douce non-terre aux eaux murmurantes où s’ébattent le grondin, la plie, le gardon. D’aimables vierges assises contre les racines des arbres aimables chantent les plus aimables romances tout en jouant avec toutes sortes d’aimables objets comme des lingots d’or, des poissons d’argent, des barils de harengs… ), c’était comme à Paris et que
tout le monde s’y fichait de ce qui faisait son voisin.
Tu voulais recréer la vie avec de la vie et maintenant que fais-tu avec la mort ? La décris-tu minutieusement ? Peins-tu des morts moyennes dans une vérité sans fard ? La chute éternelle ? La répétition inlassable de tout ? Dresse-tu l'inventaire des inapparences ? Vote pour moi ! Tu sais que je suis le meilleur des présidentiables de ton fan club, du club des ratés, des loosers, des tendus, des tendres bons à mâcher et à remâcher. Si je suis élu, je te jure que je ferai imprimer toutes tes play list. Ah Carmen ! Ah Guillaume Tel ! Imagine comme toutes tes grassouillettes polypissonnes seront en extase ! Jésuite envapé ! Druide gothique ! Tu penses évidemment que comme d'hab je ne cause que de moi. Tu ne t’es pas entendu ! Avec tes caprices, ta fantaisie, tes migraines !
Touche-moi Polly... Refais-la moi happy few… Mais gaffe ! J'en ai assez de toi aussi Mister Joyce ! De tes involutions, de ta parole retournée avec ironie sur elle-même, de ta compacité légère et intemporelle, de ta légèreté de pierre tombale. Vieux gamin… Miasmes sourdes, aigres senteurs, haleine épaisse, franche nuée. Tu pèses ! Pâleur frêle, ossature délicate, fantôme crépusculaire. Arrivent en grondant et passent les ombres des traîtres. Vue basse, glaucome. Spectre de ton spectre : des ombres que frappe la chaude lumière crème, ombres grises couleur de petit-lait, stries jaune d'oeuf, humeur rance. Les cent noms de celui qu’on ne nomme pas. Mourant encore et encore dans l'écho des paroles que tu profères de ta voix de ténor. Mon âme, à ton contact, enfin se dissolvant. Juste : percevoir sans juger, sans lutter, sans fuir. Être une rivière plutôt qu’une statue, les artères d’une grande citée, l'art, la fluidité du Tao, l'étreinte des contraires, le rire des éléments, les soupirs des amants. Ma honte flamboie et je te la dois ! Abhorrer la multitude ? Mais je suis un vaurien, l’esprit des masses ! Brut de décoffrage… Que veux-tu que je rapporte à la presse de notre échange, que l’heure du Bon Dieu, c’est 12, 25 ? Que tu seras au rendez-vous ? Que pour tes bien-aimés sujets, une ère nouvelle va luire ; que toi, Jamesy, tu leur dis, en vérité, que le grand jour est proche ! Voire, parole d’ivrogne, que nous entrerons avant qu’il soit longtemps dans la cité dorée, dans la nouvelle Joysarucelem, dans la Nova Hibernia ? Passez votre commande de suite. Rejoignez nos rangs illico ! Prenez vos billets pour Éternité-Triage. Un mot seulement. Si le second avènement te visitait, serais-tu prêt ? Te plains-tu de l’illumination ? Une fois que tu auras entravé ça, mon vieux, la gaillarde excursion au paradouze ne sera plus qu’un jeu de petit enfant. Non ! Ne t’en va pas ! Pas tout de suite ! Reste, ô toi, mon chélonomorphe, mon cantique des cantiques. Et je t’en supplie : ne m’oublie pas…






Yves Tenret,
illustration Guido Hübner

20111217



20111007

cé ka cé



cé ka cé mais la recherche est réaliste, l’origine ventrale de la mante multicambriolée répercute griffonages fluo au fondement. ils volent poutres de chantier désaffecté pour mikader lattes palpes passerelles : ca ke cé ? sous dominos de pierre, pistolet silicone scelle entonnoir sur bouche, sifflements décentrés d’une otite empathique. murmure époumonnant à la machine cassée qui lui ressemble : rire avec ces enfants non trop endoloris est tâche infiniment fragmentaire. ça cé ka, encombrements. se bande aux barres découvrant son brillant-ersatz à yeux collyrés, ses bras tournent redressent toujours son torse. si cé ka cé faut utiliser son urine pour ramollir terreau. que post-cataracte brülant sa charnure traverse l’enchevêtrement, jette lettres de sable à scintiller dans un ciel complémentaire. sous l’axe astigmate : tournent aussi en hélices les poignées de portes et ké cé ça







Jean-René Lassalle
illustrations Guido Hübner