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20110819

Plage

extrait de "Segments Spirituels"


Reflux géométrique de la dune
Inversion des vagues
Lumière des corps

Chimie de la tresse
dans l’invisible errance de l’éclat


Tu te frayes un chemin tout au sommet de la montagne  
porté par la violence
qui te noie

Un ventre-hélice au désir stable
croise au lointain les impalpables
La mer est sa profonde voix


Des langues de blocs verts et noirs
s’entassent
et endiguent le soir Tout ce diaprement
Tout cet océan

Chaque ouverture est une impasse
et nous ramène au monde, là

Dans une plénitude passagère qui fait trou
un médaillon porté au cou
une autre langue vertébrale


Les mains tendues palpent parfois
ce qui pointe un regard
là dans de touts petits cailloux

Un horizon perlé referme tous les arcs en ciel

Alphabets de bâtons nuages

Les sémaphores vagabondent
les berges dansent sans vouloir
aux vastes infinis possibles des limites
de ce parloir


Toute l’eau de la mer
ne suffirait pas

(A) éteindre la braise
que je porte en moi



Jean Yves Roques

Les genoux en feu

extrait de "Segments Spirituels"

Les genoux en feu
En montagne d'os
Au lit de son corps
Il se voit se voir
Di sotto in su
Plongée de miroirs
Levé de rotules sur glace

Complétement dévaluée
La vie dévisse sous les rails
La lune monte des sous-sols
Toutes les façades sont bues

Rien ne s'accroche aux reverbères
Juste un oeil-oeuf qui tend l'oreille
Dans la trappe du grand jour

Effondrement paradoxal
Couronne inverse du parcours
Perle accouchée entre les barres du
=  (signe "égale")

La joie clâme sous l'ossature
Neptune Minos
Ces voiles blanches sont pour vous
Et pèsent au creux de vos mains dures
A muscle-demeure
En langue de fou

En processions dans l'intervalle
qui passent dans la cavité
Entre la palme et l'horizon
Baroque d'un demi soleil

Il n'y a que le là  
Et sa puissance répulsive

Tout s'éloigne à jamais

Dans l'entonnoir des continents
Et la cornée d'une béance
Sourire de l'impermanent
J'habite dans ma propre absence
Et la matière faisant trou                                                      

Le grand os tournoie dans la moire
Les fenêtres s'ouvrent
Des coeurs se balancent
Et le sang laisse choir
Ce qui parfois s'anime pour toujours

Lentement le monde épaissit les formes s'enchainent

Ô ma bien aimée c'est toi la fontaine tu es
La source où je danse
Et je remercie
De t’aimer



















Jean Yves Roques
illustration Rachel Dano

20110814

POEME-PORTE



écrit sur un mur à la mi-mars 2011



Lap tour épo sou verrou on les a

Pendu descendu au trop peu carte épars le cri le
 

coin-écu écoute



La porte s'ouvre à tous les sons

la porte parle et se répand elle écoute dans les ruelles

un sang filé de bouche

en bouche d'hirondelle jusqu'aux tessons brisés

aux gouffres de l'azur

elle porte le nom d'un amour



Elle, porte, ateka

elle porte à tes caresses un fleuve qui se dresse en labyrinthe

un grand lac d'Avalon perçu en haut des autoroutes

au vol des oies sauvages

un navire s'éloigne

projette ses spirales aux 4 têtes de la mer

il s'élève la nuit au dessus des montagnes

enroule ses bobines et creuse au fond de l'océan

ses déchirures

le mystère



et des visages sur les pierres

accourent aux marches d'un sourire



Horizon vertical

elle    porte    la ramure articulaire du jardin le plus compact

help

et réveille ce qui dort

exorte quand le ciel implose

dans le souffle un ventre en sacrifice

ouvert atomisé dans le scintillement des ondes

lumineuses

raréfiées

dans un bris de serrures

aux lentes heures de cristal



Nous arrivons dans ce présent en face de l'étoile

sur des lignes de sursaut

Flûte nay bansouri juchés sur des troncs d'arbres au front d'une boutique

Ouvrez clés musicales des fontaines de feu d'air des colonnes-vibration

où les enfants déversent un flot-épi de tresses

fraternelles

vertébrales



Notre corps réuni c'est un

Coeur creusé d'un vase c'est un

Corps qui s'appuie aux gènes

de l'inépuisable



La rue est un tambour qui ne bat plus

Les pinceaux tracent des flux

la charrue se promène sur la glotte la baleine

abrite l'espace possible sur la cible

sont nos actes

la terre redevient la graine

une pépite de cola qui régénère

le langage

absorbe la matière

humaine de long en large

en spirale de haut en bas



La roue L'art ou la

Rouya la roue

en escalier

qui forme sphère autour d'un mât



à la conquête des poussières

enroulées en tubes

en touffes d'aiguilles en crosses de gypse



pylore magnétique au plasme des formats



Peut être est ce un ballon pendu aux ailes du hasard

ce chiffre au dessus de nos têtes

peut être

est ce une pierre ouverte comme un fruit

cette ligne tendue entre les 2

moitiés du vide



Crinière insaisissable

Cervelle de licorne

c'est l'ovaire de sang électrique

la trompe déployée dans un fluor spirituel

en bouche de bâton

troué dans le désir

de souffle d'une

sarbacane



Un boyau qui se tord

dans la lumière acide le dehors

devient dedans

le fond de la grotte s'échappe

en équilibre sur un grain

de suie que disperse un

éclat de rire

sur la pointe

de la hampe

d'une plume

de diamant

la porte (ouvre) sur le vent

Jean Yves Roques

FLUTE DE MES OS




Laquel de mes aucuns

joue

de la flute mais oh quel

afflux de mes joues quel

joute

au delà de de kel

flux

kun jou la zo mé te mé

joue de la flute

quelqu'un

joue de la flute

de mes os

tirant sur la corde sous la grille

dans la lumière des nations



Au fond de la mer la ville d'argent

en nasse de sable s'effondre

s'effrite le nombre

un mot fait surface

d'un revers de papillon



Prés d'une dépouille

en dune pourprée des oiseaux se massent

des sentinelles de regard se postent au centre

d'horizons

ta chevelure me fait face



Tous les im

mobiles immeubles

les email bleus les meules blémies

les mille zamis sous les meubles tous

les immeubles sont dressés

dans une

flute de mes os

dans une nudité de crainte

un oubli hélicoïdal



Des trombes de pierres

en tombe raison



Des parfums neutres tirets blancs en pare-feutre sur les bancs

transportent une chaleur une dilatation

apporte tout l'amour de ces peuples lointains

pour les terres nouvelles



Dialogue intense étonnement

les premiers livres fleurissaient

en tiges d'éclats de métal

antiques neiges de cristal

le futur avait tête d'homme

tête de monstre

en prise, animal !



Des patrouilles issues des fôrets

comme un torrent peuplé d'oiseaux

zigzaguent en vrille sur les cîmes

En friche sur les rimes

gazouillent au peuple

de mes os

ils partent à la recherche tous les soirs

de lampes de formes de

lents pas de flaques

de vive lumière de

lampes de

formes nouvelles


Antennes de fixe Suture attentive

Je vis dans le ciel je vis sans

sans armure aux ailes du vide

Et chavirant de tes sourires

aux portes de mousse et de cuivre



un verbe émerge du soleil - attends

ne creuse ne troue ni ne perce

accompagne seulement



Et mille et une intense intention spirituelle

explose en matière en flaques d'eaux vives

Orphée des vertiges

et verse et voltige

offrant des vertiges

de joie





  






Jean Yves Roques
illustration Rachel Dano