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20120408
20110819
Plage
extrait de "Segments Spirituels"
Reflux géométrique de la dune
Inversion des vagues
Lumière des corps
Chimie de la tresse
dans l’invisible errance de l’éclat
Tu te frayes un chemin tout au sommet de la montagne
porté par la violence
qui te noie
Un ventre-hélice au désir stable
croise au lointain les impalpables
La mer est sa profonde voix
Des langues de blocs verts et noirs
s’entassent
et endiguent le soir Tout ce diaprement
Tout cet océan
Chaque ouverture est une impasse
et nous ramène au monde, là
Dans une plénitude passagère qui fait trou
un médaillon porté au cou
une autre langue vertébrale
Les mains tendues palpent parfois
ce qui pointe un regard
là dans de touts petits cailloux
Un horizon perlé referme tous les arcs en ciel
Alphabets de bâtons nuages
Les sémaphores vagabondent
les berges dansent sans vouloir
aux vastes infinis possibles des limites
de ce parloir
Toute l’eau de la mer
ne suffirait pas
(A) éteindre la braise
que je porte en moi
Jean Yves Roques
Les genoux en feu
extrait de "Segments Spirituels"
Les genoux en feu
En montagne d'os
Au lit de son corps
Il se voit se voir
Di sotto in su
Plongée de miroirs
Levé de rotules sur glace
Complétement dévaluée
La vie dévisse sous les rails
La lune monte des sous-sols
Toutes les façades sont bues
Rien ne s'accroche aux reverbères
Juste un oeil-oeuf qui tend l'oreille
Dans la trappe du grand jour
Effondrement paradoxal
Couronne inverse du parcours
Perle accouchée entre les barres du
= (signe "égale")
La joie clâme sous l'ossature
Neptune Minos
Ces voiles blanches sont pour vous
Et pèsent au creux de vos mains dures
A muscle-demeure
En langue de fou
En processions dans l'intervalle
qui passent dans la cavité
Entre la palme et l'horizon
Baroque d'un demi soleil
Il n'y a que le là
Et sa puissance répulsive
Tout s'éloigne à jamais
Dans l'entonnoir des continents
Et la cornée d'une béance
Sourire de l'impermanent
J'habite dans ma propre absence
Et la matière faisant trou
Le grand os tournoie dans la moire
Les fenêtres s'ouvrent
Des coeurs se balancent
Et le sang laisse choir
Ce qui parfois s'anime pour toujours
Lentement le monde épaissit les formes s'enchainent
Ô ma bien aimée c'est toi la fontaine tu es
La source où je danse
Et je remercie
De t’aimer
20110814
POEME-PORTE
écrit sur un mur à la mi-mars 2011
Lap tour épo sou verrou on les a
Pendu descendu au trop peu carte épars le cri le
coin-écu écoute
La porte s'ouvre à tous les sons
la porte parle et se répand elle écoute dans les ruelles
un sang filé de bouche
en bouche d'hirondelle jusqu'aux tessons brisés
aux gouffres de l'azur
elle porte le nom d'un amour
Elle, porte, ateka
elle porte à tes caresses un fleuve qui se dresse en labyrinthe
un grand lac d'Avalon perçu en haut des autoroutes
au vol des oies sauvages
un navire s'éloigne
projette ses spirales aux 4 têtes de la mer
il s'élève la nuit au dessus des montagnes
enroule ses bobines et creuse au fond de l'océan
ses déchirures
le mystère
le mystère
et des visages sur les pierres
accourent aux marches d'un sourire
Horizon vertical
elle porte la ramure articulaire du jardin le plus compact
help
et réveille ce qui dort
exorte quand le ciel implose
dans le souffle un ventre en sacrifice
ouvert atomisé dans le scintillement des ondes
lumineuses
raréfiées
dans un bris de serrures
aux lentes heures de cristal
Nous arrivons dans ce présent en face de l'étoile
sur des lignes de sursaut
Flûte nay bansouri juchés sur des troncs d'arbres au front d'une boutique
Ouvrez clés musicales des fontaines de feu d'air des colonnes-vibration
où les enfants déversent un flot-épi de tresses
où les enfants déversent un flot-épi de tresses
fraternelles
vertébrales
Notre corps réuni c'est un
Coeur creusé d'un vase c'est un
Corps qui s'appuie aux gènes
de l'inépuisable
de l'inépuisable
La rue est un tambour qui ne bat plus
Les pinceaux tracent des flux
la charrue se promène sur la glotte la baleine
abrite l'espace possible sur la cible
sont nos actes
sont nos actes
la terre redevient la graine
une pépite de cola qui régénère
le langage
absorbe la matière
humaine de long en large
en spirale de haut en bas
La roue L'art ou la
Rouya la roue
en escalier
qui forme sphère autour d'un mât
à la conquête des poussières
enroulées en tubes
en touffes d'aiguilles en crosses de gypse
pylore magnétique au plasme des formats
Peut être est ce un ballon pendu aux ailes du hasard
ce chiffre au dessus de nos têtes
peut être
est ce une pierre ouverte comme un fruit
cette ligne tendue entre les 2
moitiés du vide
Crinière insaisissable
Cervelle de licorne
c'est l'ovaire de sang électrique
la trompe déployée dans un fluor spirituel
en bouche de bâton
troué dans le désir
de souffle d'une
sarbacane
Un boyau qui se tord
dans la lumière acide le dehors
devient dedans
le fond de la grotte s'échappe
en équilibre sur un grain
de suie que disperse un
éclat de rire
sur la pointe
de la hampe
d'une plume
de diamant
la porte (ouvre) sur le vent
Jean Yves Roques
FLUTE DE MES OS
Laquel de mes aucuns
joue
de la flute mais oh quel
afflux de mes joues quel
joute
au delà de de kel
flux
kun jou la zo mé te mé
joue de la flute
quelqu'un
joue de la flute
de mes os
tirant sur la corde sous la grille
dans la lumière des nations
Au fond de la mer la ville d'argent
en nasse de sable s'effondre
s'effrite le nombre
un mot fait surface
d'un revers de papillon
Prés d'une dépouille
en dune pourprée des oiseaux se massent
des sentinelles de regard se postent au centre
d'horizons
ta chevelure me fait face
Tous les im
mobiles immeubles
les email bleus les meules blémies
les mille zamis sous les meubles tous
les immeubles sont dressés
dans une
flute de mes os
dans une nudité de crainte
un oubli hélicoïdal
Des trombes de pierres
en tombe raison
Des parfums neutres tirets blancs en pare-feutre sur les bancs
transportent une chaleur une dilatation
apporte tout l'amour de ces peuples lointains
pour les terres nouvelles
Dialogue intense étonnement
les premiers livres fleurissaient
en tiges d'éclats de métal
antiques neiges de cristal
le futur avait tête d'homme
antiques neiges de cristal
le futur avait tête d'homme
tête de monstre
en prise, animal !
Des patrouilles issues des fôrets
comme un torrent peuplé d'oiseaux
zigzaguent en vrille sur les cîmes
En friche sur les rimes
gazouillent au peuple
de mes os
de mes os
ils partent à la recherche tous les soirs
de lampes de formes de
lents pas de flaques
de vive lumière de
lampes de
formes nouvelles
Antennes de fixe Suture attentive
Je vis dans le ciel je vis sans
sans armure aux ailes du vide
Et chavirant de tes sourires
aux portes de mousse et de cuivre
un verbe émerge du soleil - attends
ne creuse ne troue ni ne perce
un verbe émerge du soleil - attends
ne creuse ne troue ni ne perce
accompagne seulement
Et mille et une intense intention spirituelle
explose en matière en flaques d'eaux vives
Orphée des vertiges
et verse et voltige
offrant des vertiges
Jean Yves Roques
illustration Rachel Dano
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